A y regarder de près, François Decq est le peintre de l'ambiguïté : il se refuse tout et ne se refuse rien. Son extrême rigueur l'écarte de toute logorrhée, et pourtant chacun de ses objets s'impose avec sa richesse et son absence totale de timidité. En d'autres mots ; l'ascétisme fondateur est si grand que tout ce qui s'y accroche, jusqu'à une limite toujours sévèrement guettée, parait somptueux. C'est pourquoi nous pourrions parler d'un art minimal riche. Comme dit Mies Van der Rohe : "Moins, c'est plus".

Mais la reconnaissable appartenance de chacun des éléments de l'œuvre ne ressort d'aucune théorie. Chaque objet est découvert dans son unicité, François Decq en attend une surprise, comme d'une ile au détour d'un méridien ... Peinture-voyage, laissant filer ses formes avec une fluidité d'étrave, pour ne les capter qu'à peine. C'est ce délicat toucher qui leur donne leur grâce, leur aspect aérien. Et leur inaccessibilité. Dans les replis de leurs structures gît un illusionnisme propre à nous rappeler que toute forme est mirage.

Que ces constructions parfaites soient le fruit d'un non-vouloir, d'un non-systématisme, voilà qui doit retenir notre intérêt. Quelques stables, solides, intenses, harmoniques qu'elles soient, leur créateur refuse la contrainte d'une pensée répétitive. C'est pourquoi elles ne ressemblent à rien, sont d'une totale gratuité, "sans signification", même si le spectateur peut les raccorder à des produits de l'industrie spatiale, produits de rêve, s'il en est ... Les peinture-objets de François Decq ressortent d'une poésie étrangère, lointaine, alors que leur concrétude intense les arrime solidement dans l'esprit.

Avida Ripolin 1990


2001 > 2014

INFOGRAPHIES

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